Ces français qui se creusent la tête pour revitaliser les centres-villes

Mercredi 22 avril 2020

Le constat est difficile à avouer, chaque année, des milliers de commerçants sont contraints de fermer définitivement leurs portes. Année après année, dans les petites et moyennes agglomérations, nos centres-villes se meurent au profit des grands centres périurbains qui gagnent toujours davantage en attractivité. Alors que la « guerre » semble perdue d’avance pour beaucoup, certains français se creusent la tête pour revitaliser nos centres-villes et mettre en place des actions pour contrer ce constat.

Concurrence centres-villes et centres commerciaux

Depuis toujours, nos centres-villes sont des lieux de vies et d’échanges. Qui n’a pas le souvenir qu’enfant, nous avions l’habitude de nous rendre à la boulangerie, ou au café du village une fois adolescent pour retrouver nos amis, passer un agréable moment : l’échange avec le commerçant était amical et coutumier.
Que s’est-il passé ? Le constat est simple, les centres-villes ont subi de plein fouet la concurrence des grands centres commerciaux installés pour la plupart en périphérie. Ces centres commerciaux de plusieurs milliers de mètres² semblent avoir tous les atouts pour séduire le public, un accès facile et une galerie marchande attrayante. Ils séduisent les français, puisqu’on constate que 65% des achats s’effectuent désormais en périphérie et tout cela au détriment des centres-villes puisqu’une étude démontre que 62% des centres-villes observés ont un taux de vacance commerciale supérieur à 10%…

Action cœur de villes, le programme national qui veut sauver 222 centres-villes français

Et pourtant, aujourd’hui, 68% des citoyens se disent préoccupés par la désertification des centres-villes et certains ont donc décidé de contre-attaquer. C’est le cas par exemple de ce programme national, Action cœur de villes : un dispositif d’ampleur coordonné par Jacques Mézard et mis en place en 2018. Pour cela, 222 villes ont été retenues partout en France et bénéficieront de plus de 5 milliards d’euros sur 5 ans pour redynamiser leurs centres-villes. Et on constate aujourd’hui que certaines villes ont pu tirer profit de ce programme : la ville d’Arras a mis en place une cellule opérationnelle dans le but de faciliter les démarches des commerçants, la ville de Dax a lancé l’opération « La Fabrique à boutique », un dispositif expérimental qui facilite l’installation de nouveaux commerces avec des loyers modérés.

D’autres initiatives pour redynamiser les centres-villes

Mais les actions vont au-delà de ce programme national et les idées continuent de fuser partout en France :

  • À Vichy (Allier), la ville qui comptait 15% de vacance commerciale, l’un des taux les plus élevés de France, les trois enseignes : Nicolas, De Neuville et Comtesse du Barry, se sont alliées pour ouvrir ensemble un concept d’épicerie fine commun. Leur objectif est alors de s’implanter à 3 dans les petites villes en perte de vitesse.
  • La mairie de Dijon rembourse les titres de transports pour une consommation dans les commerces du centre-ville et ce pour faciliter l’accessibilité à son centre-ville
  • Le grossiste France Boissons apporte également sa pierre à l’édifice en lançant l’opération « Comptoirs et Territoires » : des tables rondes sont organisées partout en France entre élus locaux, propriétaires de débits de boissons et restaurants pour la mise en place d’actions concrètes dans chaque ville. Une démarche appréciée car elle permet de nouer un dialogue entre les différentes parties.
  • À Verneuil (Charente), la ville s’est dotée d’un parcours touristique en centre-ville, l’ouverture de boutiques éphémères et tests permet aux jeunes entrepreneurs de se lancer.
  • La ville de Bayonne quant à elle soutient les créateurs locaux en leurs laissant les clefs des locaux vides.

 

Autant d’actions entreprises par les villes dans le but de redynamiser leurs centres-villes et redonner le coup d’éclat un peu estompé de nos villes. Selon un récent sondage, 73% des citoyens disent désormais se rendre une fois par semaine dans leur centre-ville et 82% disent privilégier ce même centre-ville pour retrouver des amis, flâner, boire un verre ou faire du shopping. De plus, on prône désormais de plus en plus le « retour aux sources » et le « consommer local », on peut alors imaginer que nos centres-villes ont encore de beaux jours devant eux…

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