Les français et les commerces alimentaires de proximité : un lien très fort

Lundi 06 avril 2020

Chez Message In A Window, nous sommes convaincus de l’importance du commerce de proximité en France ; il est la base du dynamisme des centre-villes et le socle du lien social au cœur des quartiers et des communes.

Nous vous proposons en ce sens aujourd’hui de regarder une étude de la CGAD (Confédération Générale de l’Alimentation en Détail) sur la relation entre les français et les commerces alimentaires de proximité : 2500 personnes, représentatives de la population française, ont été interrogées sur leur pratique d’achats, leur fréquentation et l’image qu’ils ont des différents commerces de proximité.

La fréquentation des commerces de proximité a augmenté

Sur les habitudes de consommation, deux tendances importantes ressortent : 

  • d’une part, plus d’un quart (27%) des personnes interrogées disent se rendre plus souvent qu’avant dans ce type de commerce (plus précisément plus souvent qu’il y a 5 ans), avec des pics chez les 18-24 ans (38%) et les CSP + (34%) – chiffres a priori en phase avec l’évolution des mentalités de ces dernières années : on cherche à manger mieux, et plus localement
  • d’autre part, plus de la moitié (53%) indiquent se rendre au moins une fois par semaine dans un commerce alimentaire de proximité (vs 67% en GMS, leader sur cette question, 25% dans les marchés, et 12% sur internet)

La qualité et le rapport qualité-prix des produits priment sur les autres critères

Autre enseignement, concernant les critères essentiels concernant les courses : on aurait pu penser que la capacité de conseil du commerçant et l’authenticité du commerce feraient bonne place dans ce classement, or… il n’en est rien ! Ces deux critères arrivent respectivement 15 et 16ème sur 16 critères étudiés (essentiel/important pour 15% et 11% des sondés) dans un palmarès dominé par la qualité des produits (74%) et le rapport qualité/prix (63%). Parmi les “mal classés” plutôt surprenants pour notre époque, citons la réputation du commerce (11ème, 18%) et le label bio (14ème, 17%, réhaussé néanmoins par les cadres, 25% le considérant comme critère essentiel).

Que retenir de cette première partie ? Si les commerces alimentaires de proximité sont de plus en plus plébiscités par les français, qui admettent s’y rendre plus souvent qu’avant et dont la moitié s’y rend au moins une fois par semaine, c’est avant tout et principalement pour la qualité des produits, leur origine et leur traçabilité.

Les boulangeries en tête des commerces alimentaires

Intéressons nous maintenant aux différentes topologies de commerces et à leur fréquentation. On retrouve, sans surprise, les boulangeries en tête des commerces alimentaires les plus fréquentés par les français : près de 62% indiquent s’y rendre au moins une fois par semaine, et même 23% tous les jours ! C’est d’ailleurs la seule typologie qui affichent des résultats aussi impressionnants, les primeurs (25% une fois par semaine, 1% tous les jours) et les boucheries (18%, 1%) suivant sur le podium, bien loin des boulangeries. Si ces résultats ne sont pas extrêmement surprenants, c’est parce qu’ils s’expliquent assez facilement par la nature des denrées vendues et leur consommation propre.

Les commerces de proximité allient qualité, ambiance et accessibilité

Néanmoins, et c’est là que l’étude devient véritablement intéressante, malgré leur relative faible fréquentation de certains types de commerces alimentaires, il apparaît important ou très important pour les français d’avoir près de chez eux une boulangerie (90%), un primeur (75%), un boucher (70%), un épicier (69%), un pâtissier (67%), un café ou un restaurant (62%), un charcutier ou un traiteur (62%), une poissonnerie (59%) et un fromager (51%), ce qui prouve indéniablement l’attachement de nos concitoyens pour ces magasins de proximité.

Importance des commerces alimentaires de proximité par typologie

Importance des commerces alimentaires de proximité par typologie

Et la suite de l’étude nous donne un éclairage sur les raisons de cet attachement. Lorsqu’on les interroge sur ce qu’évoque pour eux ces commerces alimentaires de proximité, ils sont 36 % à répondre la qualité (qualité des produits et professionnalisme), 22% le contact et l’ambiance (qualité de l’accueil, convivialité) et 21% la proximité et l’accessibilité. En quatrième position à 16%, on retrouve le côté “trop cher” de ces commerces, probablement l’élément principal qui explique la relative faible fréquentation de certaines catégories. Sans surprise et en conséquence, le “rapport qualité/prix” n’est cité que par 5% des sondés. Plus surprenant là encore (remarque peut-être biaisée par ma qualité de parisien), le terme “produits bio” est encore moins évoqué, à 4%.

En tout cas, et c’est là un des enseignements les plus indéniables de cette étude, malgré un côté jugé “trop cher”, les commerces alimentaires de proximité bénéficient d’une excellente réputation : 89% des répondants disent avoir d’eux une bonne ou très bonne image (6% mauvaise, 5% NSP) avec un pic à 93% pour les personnes de 50 ans et plus, et 92% pour les CSP+.

Image des commerces alimentaires de proximité auprès des répondants

Image des commerces alimentaires de proximité auprès des répondants

Plusieurs raisons à cela :

  • 90% des personnes interrogées pensent que ces commerces dynamisent les centre-villes et mettent de l’animation
  • 87% qu’ils créent du lien social
  • 82% qu’ils participent à l’aménagement du territoire

ce qu'évoque les commerces de proximité

Par ailleurs, si les répondants s’accordent à dire que ces commerces sont à taille humaine (90%), conviviaux (86%) et dépositaires d‘un vrai savoir-faire (84%), ils les trouvent moins créatifs (61%) et ne semblent pas convaincus de leur côté éco-responsable (56%). 

La e-réputation pas encore stratégique

Autre point intéressant abordé, l’e-réputation : si ce n’est pas un critère de sélection majeure pour l’ensemble de l’échantillon (64% disent ne pas y prêter attention, à l’inverse de 32% qui y sont sensibles), elle l’est pour les 18-24 ans : 53 % indiquent y porter un attention toute particulière. Aussi, même si cet aspect ne semble pas très stratégique au regard des chiffres, il risque de le devenir dans les années à venir, et les commerçants ont d’ores et déjà tout intérêt à le surveiller et à s’en préoccuper (c’est évidemment déjà le cas pour beaucoup). 

Enfin, et ce dernier point montre bien l’importance qu’accorde les français aux commerces alimentaires de proximité, et l’on peut même parler de plébiscite, 74% des sondés veulent davantage de ces magasins près de chez eux ! 

En conclusion, à la lecture de cette étude et des différents éléments qu’elle met en lumière, on peut finalement souligner 3 points marquants :

  • les commerces alimentaires de proximité restent assez fréquentés, par plus de la moitié des français au moins une fois par semaine
  • malgré une réputation de commerce “cher”, ils sont reconnus comme très qualitatifs, dépositaires d’un vrai savoir-faire et créateurs de lien social
  • ils sont plébiscités par près des trois quarts des français, qui souhaiteraient en avoir davantage près de chez eux

Pour toutes ces raisons, on peut affirmer sans grande difficulté que les français tiennent toujours très fort à leurs commerces alimentaires de proximité, et que ce lien, cet attachement, cet amour même, ne s’arrêtera pas de sitôt. C’est en tout cas tout ce qu’on leur souhaite.


Plus d’informations sur cette étude sur le site de la CGAD

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