Les liqueurs vertes made in France

Mardi 17 mars 2020

Une nature généreuse

Derrière chaque liqueur, il y a une plante, une graine, une fleur, un fruit, une épice, une écorce ou une racine ! C’est donc la nature dans sa diversité qui permet de concocter des liqueurs de noix, de poire, de pomme, d’orange, de génépi, de gentiane, de tilleul et même de trèfle, et c’est aussi pour cela qu’on retrouve des liquoristes dans tous les massifs, notamment alpins et pyrénéens, ainsi que dans les plaines fertiles riches en fruiteraies.

Les herboristes et les religieux

Il se pourrait bien que les premières liqueurs soient apparues en France autour du XIIème siècle, probablement sous la double influence des médecins-herboristes d’une part, qui utilisaient certaines herbes pour guérir des infections, des plaies, des troubles gastriques ou digestifs, telles que l’ortie, la mélisse, le fenouil ou le chardon par exemple et qui en faisaient des liquides ;
et du fort développement des congrégations religieuses chrétiennes d’autre part.

Reclues en montagne ou en pleine nature, bien organisées, elles travaillaient les sols avec ardeur : terres agricoles, jardins, plantations, vergers, et maximisaient tout ce que la nature pouvait donner, pour répondre à leurs propres besoins, mais, lorsque c’en était trop, pour répondre à ceux des autres. C’est ainsi que les moines de tous ordres ont commercialisé, et commercialisent toujours aujourd’hui, des vins, des pâtisseries, des confitures, des miels et des liqueurs.

La Chartreuse (des pères Chartreux), la Bénédictine (des moines bénédictins), la Dominicaine (des moines dominicains), la Vieille Cure (des moines cisterciens) ou l’eau des Carmes (des carmélites) sont des exemples pour certains encore vivants de l’excellence de cette tradition monastique.

Le Vert, évidemment !

Les liqueurs vertes françaises sont souvent des liqueurs issues d’herbes et de plantes vertes. Citons-en quelques-unes : la Chartreuse verte (Alpes), l’Izarra vert (Pyrénées), le Get 27 (Pyrénées), la Verveine du Velay (Massif Central), la liqueur verte d’Eyguebelle ou l’Angélique de Niort.

Et les ingrédients de nos liqueurs vertes sont parfois vraiment amusants : coriandre, cardamome, mélisse, céleri, menthe poivrée, réglisse, carvi, sureau, thym, serpolet, anis, verveine, noix de muscade, fenouil… Bref, de la botanique et des épices plein nez !

Mais aussi surprenant que cela puisse paraître, ces liqueurs ne sont pas originellement vertes. Leur distillat est la plupart du temps neutre et translucide car la chlorophylle disparaît dans le process de distillation. C’est pour cette raison que les producteurs ajoutent quasi systématiquement des colorants verts, qu’ils soient naturels ou artificiels, pour souligner la « naturalité » de la liqueur et leur provenance.

 

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